Looking for M.

solo interdisciplinaire / création 2027

«Je me sentais comme un caméléon, m’adaptant entre les situations et les époques. Mon seul vocabulaire était l’acrobatie, un carcan de formes avec lesquelles je n’arrivais plus à m’exprimer. Mon agression a été comme un électrochoc. J’étais seul et de nouveau au sol. J’ai vu cela comme une renaissance s’offrant à moi, où l’absurde devait dépasser le tragique. »

En 2023 l’artiste Basile Herrmann Philippe est victime d’une violente agression où il est abandonné au sol. Avec ce seul en scène il se donne un objectif : chercher à se relever, pour danser. Guidé par le rythme de ses genouillères contre le sol, il décide de se réapproprier cette humiliation. Aux pieds du public, l’acrobate déploie une chorégraphie à quatre pattes, à la recherche d’une verticalité lui apparaissant comme la seule issue. Toutefois, son désir de transformation l’amènera bien ailleurs.

L’artiste disparaît dans une grande forme noire brouillant son apparence humaine et se transforme en une silhouette aux formes étranges, coincée dans un catwalk. Le corps mue, ses prothèses et protections tombent. Le bassin se réveille et le visage se révèle. Puis le ventre ondule, laissant apparaître une fluidité inattendue. De la position du quatre pattes, jusqu’au podium final, le performeur sculpte son corps, sans effacer les traces du passé. Il amène avec lui un œuf. Quel que soit notre passé, un futur où devenir nous-même nous attend. Il est l’heure de renaître … ou de donner la vie?

Dans cette forme autobiographique, l’artiste invente un cirque jouant entre les frontières de la danse et de la performance. Looking for M recherche le milieu, l’espace où plusieurs versions de soi-même coexistent, hors du binaire.

Création – interprétation : Basile Herrmann Philippe //

Création musicale : Félix Chaillou //

Dramaturgie :  Bettina Blanc Penther//

Regard extérieur cirque : Mirandonna Sirkka //

Regard extérieur performance : Peter James //

Création costume : Alisson Schmitt //

Création lumière : Dgiorgia Chaix //

Régie de tournée : Félix Chaillou // 

 

Coproduction : La Millenial Academy (Caen), Scène Nationale de Châteauroux

Accueil en résidence : L’Abri (Genève), Compagnie Nathalie Pernette, Scène Nationale de Besançon, Scène Nationale de Châteauroux, Centre Dramatique National de Caen, Subtopia (Stockholm), avec le soutien du centre chorégraphique national de Caen en Normandie, direction Alban RICHARD, CENTQUATRE-PARIS Résidences d’essais.

Partenaire : Ville de Besançon – Dispositif Émergence, Région Bourgogne Franche-Comté, Drac Bourgogne Franche- Comté aide à la création (en cours), Aide à la création d’une bande originale SPEDIDAM ( La SPEDIDAM est un organisme de gestion collective qui œuvre afin de garantir aux artistes-interprètes de toutes catégories les droits qui leur ont été reconnus)

Remerciement aux partenaires de discussions :Maxime Steffan, Luce Lainé, Olivier Neveux, Jason Lewelling, Constance Diard, Muriel Garric, Pierre Piton et Angélique Cabanes

Bureau de la compagnie et administration : Annick Bertrand, Serge Kolski et Dominique Aujouannet

Looking for M est une forme interdisciplinaire qui ne renie plus l’acrobate en moi. J’y explore la masculinité de mon corps, de ses mouvements explosifs, et leurs androgynies. J’écris un spectacle où l’identité est revendiquée comme ambiguë, où l’humiliation est une force, et où le plaisir de se transformer se partage.

Avec cette exploration du 4 pattes, je déplie une physicalité dépassant l’animalité et la sexualisation de la position, mais sans les renier. Je démontre comment cette position vue comme contraignante, devient un mouvement d’émancipation et de liberté. Je crée ainsi un vocabulaire, où l’identité et la technicité se floutent, pour devenir un état de corps appelant l’empathie et la curiosité. Au fur et à mesure de la pièce, la quête de verticalité se transforme et dévie, libérant le corps des injonctions qui l’entourent.

J’interroge ainsi les spectateur·ices sur leurs manières de me regarder, et leur propre désir de devenir autre. Je questionne l’injonction à la transformation dans la solitude, la possibilité de trouver des alternatives d’érotisation des corps masculin hétéro et le désir de réussite… face à un public.

Avec ce spectacle je paraphrase Jacques Rancière nous exhortant de ‘’briser le langage, pour toucher à la vie’’.

Crédits photos : Bettina Blanc Penther

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